Aujourd'hui, dans le département uniquement, les écoles sont appelées à faire grève. Je vous entend venir avec vos "Encore?", "Ca recommence!", Toujours en grève ces feignants!" ....
Voilà les raisons de ce mouvement.
Un jeune professeur des écoles marseillais est suspendu abusivement.
Le 21 Décembre 2006, un jeune professeur des écoles, Erwan Redon, a refusé d’être inspecté, argumentant sur l’incohérence du système actuel de l’évaluation du travail des enseignants, ce qui lui a valu de s’attirer les foudres de sa hiérarchie.
Le 19 décembre, des parents d’élèves ont protesté dans l’école contre la décision de l’Inspection Académique de revenir sur l’accord qui avait été donné pour un projet de classe de neige. Loin de déboucher sur une médiation, la venue de l’IEN accompagné d’un représentant de l’Inspection Académique s’est soldée par une confusion violente entre les parents et le représentant de l’Inspection Académique, se terminant par une intervention policière.
L'enseignant, alors en classe, n’a pas été acteur de ces événements. Pourtant la décision de l’Inspection Académique de suspendre Erwan Redon pour "insuffisance professionnelle" est survenue ce même jour.
Jusque là, les inspections qu’il avait acceptées attestaient de ses compétences professionnelles. Aujourd’hui, l’IEN s’appuie sur un simple contrôle des cahiers d’élèves pour parler d’enfants en "danger cognitif ", ainsi que le refus d’inspection, diffusion de tracts d’origine syndicale notamment contre différentes réformes et contre les expulsions de sans-papiers. Ce Professeur des Ecoles a le soutien des parents des élèves de sa classe, avec lesquels une vraie relation de confiance est établie. Le monde enseignant déplore trop souvent l’absence de soutien de l'administration, les instits refusent d’être soumis de surcroît à ce type de décisions relevant de l’amalgame et de l’autoritarisme. En refusant d’entendre la profession, en affichant ce mépris, l’Inspection Académique a pris la responsabilité de rompre le dialogue. Cela nuit au fonctionnement des écoles et n’est plus tolérable !
L’Inspection Académique impose aux T1 un dispositif de remplacement alors que d’autres solutions existent.
L’Inspection Académique a décidé d’imposer aux T1 de quitter leurs classes pour se remplacer entre eux, au motif de "libérer les supports de stages filés à l’année pour les PE2". Cette décision modifie autoritairement et arbitrairement les postes de professeurs des écoles qui ont été affectés selon les règles du mouvement en CAPD (aujourd’hui ils ont reçu un simple "ordre oral" de quitter leurs classes 1 jour par semaine à la rentrée !). Pourtant une autre solution existe : comme dans le Lot et Garonne, les PE2 peuvent changer de lieu de stage en cours d’année, ce qui a été confirmé aux syndicats lors des interventions auprès du recteur et du ministère. Les syndicats ont réuni à plusieurs reprises les T1 et cherché le dialogue avec l’IA qui répète les mêmes arguments et refuse de revenir sur sa décision.
Le nouveau dispositif de notation des enseignants est infantilisant et injuste, l’Inspection Académique refuse d’entendre la voix des enseignants.
Sous couvert d’harmonisation des notes des enseignants du département, le dispositif de notation a été modifié. En réalité, pour l’Inspection Académique, les enseignants des écoles du 13 seraient "trop bien notés". Les syndicats ont obtenu l’annulation de la première décision qui consistait à baisser toutes les notes par des coefficients minorateurs. Mais la nouvelle grille (plus "sévère") est maintenue, et les IEN ont pour consigne le "maintien des notes à chaque inspection, jusqu’à ce qu’elles entrent dans la nouvelle grille". Pour les enseignants, cette décision autoritaire de notre hiérarchie est une nouvelle atteinte à la dignité professionnelle. La question de l’évaluation du travail doit être réellement mise à l’étude, elle ne peut être réduite à une note-carotte après laquelle il convient de faire courir les concernés! Ce dispositif infantilisant témoigne simplement du mépris de l'engagement de tous pour l’école et crée des injustices notamment dans les actuelles opérations de promotion. La solution unique qui a été présentée à SNUIPP, SE et autres syndicats, en groupe de travail à l’IA n’a laissé aucune place au dialogue. Le mépris non dissimulé pour la colère et l’indignation des personnels sur ce dossier a conduit les représentants syndicals à quitter la table des négociations. La pétition signée à ce jour par près de 4000 enseignants pour le retrait de ce dispositif doit être prise en compte par l’Inspection Académique.
Rassemblement devant l’IA à 10h30
- pour la suppression du dispositif imposé aux T1
- pour le retrait de la nouvelle procédure de notation des enseignants
- contre la suspension abusive d’un collègue marseillais
Pour le respect des personnels et de leurs droits!
Alors comment continuer à enseigner en France:
- alors qu’un professeur des écoles vient d’être suspendu, sans raison invoquée,
- alors que sa hiérarchie envisage de le licencier pour insuffisance professionnelle ou de le révoquer,
- alors que sa hiérarchie lui reproche son activité militante syndicale,
- alors que sa hiérarchie incrimine son choix de pédagogie émancipatrice,
- alors que sa hiérarchie encourage la délation au sein de l’équipe éducative,
- alors que les seules valeurs reconnues en éducation par sa hiérarchie sont: l’ordre, la sécurité, l’obéissance, les méthodes traditionnelles d’apprentissage, et le résultat.
- alors que la seule réponse apportée aux parents de son école est la répression policière avec interpellations en présence des enfants et mise en garde à vue,
- alors que le rôle des parents élus de l’école est clairement nié par la hiérarchie.
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